Langage et littératie : de la Naissance...et Pour la Vie

From From Birth For Life

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Jusqu’à récemment, les spécialistes croyaient que les enfants commençaient à acquérir le langage et à apprendre à lire et à écrire au cours de leurs premières années à l’école et que les enseignants jouaient un rôle prépondérant dans l’acquisition de ces habiletés. Toutefois, la recherche actuelle montre qu’une bonne partie des habiletés nécessaires à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture s’apprennent entre la naissance et l’âge de 6 ans, soit avant l’entrée à l’école. Ce constat a mis en lumière l’importance du rôle des parents et des autres intervenants, qui préparent le terrain pour l’apprentissage de la langue, de la lecture et de l’écriture. Au Canada, où plus de la moitié des enfants de 6 mois à 5 ans reçoivent une forme quelconque de soins prodigués par des personnes autres que leurs parents (Bushnik, 2006), les intervenantes dans les services de la petite enfance jouent un rôle de premier plan pour favoriser l’apprentissage de la langue, de la lecture et de l’écriture.

La majorité de la recherche actuelle sur le sujet se fonde sur une théorie baptisée l’éveil à la lecture et à l’écriture, ce qui fait référence aux attitudes, connaissances et habiletés liées à la lecture, à l’écriture, à l’écoute et au langage qu’acquièrent les enfants à mesure qu’ils grandissent (tel que cité dans Whitehurst et Lonigan, 1998). Selon cette théorie, la langue orale, la lecture et l’écriture s’apprennent simultanément dès la tendre enfance et continuent à se perfectionner tout au long de la vie (Morrow, 2001). Cette évolution est fortement influencée par les interactions sociales puisque les enfants découvrent la lecture et l’écriture par le biais de leur vécu quotidien auprès de pairs et d’adultes qui savent lire et écrire (Morrow, 2001; Snow, Burns et Griffin, 1998; Whitehurst et Lonigan, 1998). Par exemple, les tout-petits s’éveilleront à l’écriture en jouant à faire l’école avec leurs frères et soeurs aînés. Durant des séances de lecture partagée avec une intervenante, ils découvriront que les livres français se lisent de gauche à droite. Il est possible d’enrichir ces expériences quotidiennes d’apprentissage en offrant un soutien pour les habiletés qui nécessitent une aide plus directe. Par exemple, les enfants qui apprennent les lettres et les sons – une compétence essentielle pour apprendre à lire et à écrire – bénéficieront grandement d’une intervention directe et explicite de la part d’un adulte attentif (Adams, 1990; Aram et Biron, 2004; Brodeur et al., 2006).

La théorie de l’éveil à la lecture et à l’écriture stipule que l’enfant doit posséder des habiletés cognitives, linguistiques et sociales qui interagissent et s’imbriquent de façon complexe les unes avec les autres (Ollila et Mayfi eld, 1992). En outre, l’apprentissage de chaque enfant varie en fonction de son vécu antérieur (Ollila et Mayfield, 1992) ainsi que de son bagage unique d’habiletés et d’expériences. Selon la théorie de l’éveil à la lecture et à l’écriture, il est important d’être sensible aux forces, aux difficultés et aux intérêts des enfants et de s’adapter à chacun d’entre eux (Ollila et Mayfi eld, 1992).

Bien des activités quotidiennes des intervenantes auprès de la petite enfance – lire des histoires, fabriquer et utiliser des étiquettes, tenir des conversations avec les enfants – servent à éveiller les enfants au langage, à la lecture et à l’écriture (Ollila et Mayfi eld, 1992). Les intervenantes qui favorisent cet éveil encouragent les enfants à explorer et à apprendre de manière active. Elles présentent aux enfants dès leur jeune âge beaucoup de matériel pour apprendre à lire et à écrire, et elles mettent en valeur ces expériences de manière adaptée au stade de développement des enfants.

La première section du présent sommaire de recherche présente les grandes étapes de l’apprentissage du langage et de la littératie de la naissance à six ans, examine les habiletés qui contribuent à l’acquisition des habiletés nécessaires pour lire, écrire, écouter et parler. La seconde section souligne les méthodes fondées sur des données probantes pour favoriser ces habiletés. La troisième section porte sur l’importance du suivi quotidien pour stimuler la croissance personnelle et le développement des enfants. Elle dresse aussi la liste des avantages et des inconvénients des techniques d’observation et de consignation de notes. Quant à la dernière section, elle aborde les facteurs familiaux et communautaires qui infl uent sur l’acquisition du langage et des habiletés reliées à la lecture et à l’écriture et traite des façons dont les intervenantes peuvent collaborer avec les familles pour favoriser cet apprentissage. Nous invitons les intervenantes à se servir du présent sommaire pour rehausser les pratiques efficaces qu’elles emploient déjà quotidiennement et aussi pour perfectionner leur pratique.

Vous trouverez un glossaire où sont définis les termes que pourraient ne pas connaître les lecteurs.
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